
TOTALLY FUCKED UP
Gregg Araki.
(More teen angst. Another homo movie by Gregg Araki)
Moi totalement obsédé par Gregg Araki? Jamais. Bref, après Mysterious Skin, The Living End et The Doom Generation, Totally F***ed Up.
Araki, kezako?


Gregg Araki est une vraie star aux Etats Unis, considéré comme LE réalisateur indépendant gay américain des années 1990, véritable pendant à Gus Van Sant. Ses films sont drôles, noirs, violents et nihilistes. Et beaux, aussi.
Au niveau de sa filmo française:
1.The Living End. Film sur le sida, sorti en 1991, à une époque où on ne parlait pas du tout du VIH, aux Etats Unis, Araki enfonce un porte. Cf le sujet que j'ai posté dessus.
2.Trilogie sur l'apocalypse adolescente: Totally F***ed Up (qui vient juste de ressortir), Nowhere et The Doom Generation.
3. Splendor, comédie sur un couple à trois (MMF).
4.Mysterious Skin, le seul film poétique qu'on puisse faire sur la pédophilie (2005 de tête)
5.Smiley Face, comédie, seul que je n'ai pas vu (2007)
Et c'est accessoirement mon réalisateur préféré, le seul où j'ai l'impression de me prendre une gigantesque baffe après avoir visionné ses films.
La trilogie de l'apocalypse adolescente Pour les connaisseur, c'est un relan de blood, trash etc. Et ces titres définissent parfaitement ces trois films: queer, trash, kitsch, blood et avec des putains de bandes sons.
La trilogie est incarnée par James Duval, acteur hyper mignon, et son jouet fétiche, mais totalement straight.
Dans l'ordre, Totally Fucked Up est un segment movie sur une bande d'ados homos pommés (sorti en France uniquement il y a quelques semaines), Nowhere inexplicable, The Doom Generation un road movie avec Rose Mc Gowan sur trois ados à Los Angeles.
Totally F***ed Up - 1992
Premier volet de cette trilogie, TFU se présente comme un amas de 24 fragments, tournés de manière très chip, avec une caméra amateur tantôt portée à bout de bras, tantôt de manière classique, sur le mode du film biographie. Le film s'ouvre sur un article de presse (1/3 des tentatives de suicides seraient des jeunes homos), pour enchaîner sur les portraits et la vie quotidienne d'une bande de potes dans un environnement hostile, le tout entrecoupé de témoignages façon téléréalité et de phrases sorties de chansons ou coup de poing. Dur à décrire, ce film l'est véritablement. Comme d'habitude, l'esthétique est un remake de la MTV Generation, entrecoupé par des symboles trop évidents.
Si le film laisse l'impression encore une fois d'une grosse baffe, on est loin du nihilisme total d'un Larry Clark: l'ultra violence cède le pas à la poésie et au romantisme, ce qui flatte vraiment mon côté fleur bleue. C'est à mon sens une des oeuvres qui reflète le mieux le péril adolescent, ses affres et sa beauté, sans compromis, avec de véritables interrogations en filigrane: comment s'intégrer dans une société qui vous rejette? Quelle est l'influence de l'épidémie sida en 1992 sur la jeunesse américaine? Se conformer à un stéréotype, est-ce vivre? Araki nous livre quelques indices, cachés dans les décors, de manière subtile (à la manière du 6.66 de The Doom Generation). La bande son achève le spectateur, par son choix de qualité.
Si on me demandait de ne retenir qu'un film de Gregg Araki, j'en serai purement incapable: la trilogie de l'apocalypse adolescente occupe une place vraiment à part, bien loin d'un Mysterious Skin. Pour autant, Totally F***ed up est un VRAI coup de coeur, un film superbe, à voir absolument.
